vendredi 17 février 2012

Le Grand Soir est pour aujourd'hui mais j'ai piscine

Ça y est ! La goutte d'eau qui fait déborder le vase vient de tomber dans la piscine. Fdesouche, le site fédérateur de toutes les droites est menacé, et bien comme il faut. On entend déjà au loin les tiroirs qui grincent dans des milliers d'appartements pour délivrer leurs précieux trésors : cagoules et poings américains en veux-tu en voilà. La guerre civile prévue pour 2010 arrive enfin !

Parviennent aux esgourdes mélange confus de cris de sangliers et de menaces de PMU, pas très distinctement, y faudrait quand même pas se fâcher avec les collègues à l'heure de la cantine et de l'andouillette-purée. Décision est prise avec Cochondu69, François Dupont et Charlesmartelle de réfléchir à une pétition de soutien et à une vidéo où l'on apparaîtrait un quart de seconde déguisé en Vercingétorix avec casque en plastique et épée en bois volés au petit dernier (neveu).

Dieu que c'est drôle, le masque tombe enfin.

Un quotidien flique sans se cacher des centaines de petits blogs que personne ne lit et qui ne présentent aucun danger, tenus malgré eux de servir de preuve ultime de la renaissance du Troisième Reich en France. Personne ne semble s'inquiéter des prémices de la délation légalisée, comme au bon vieux temps de Staline, le papy moustachu que les réacs débiles dont la culture politique avoisine le négatif idolâtrent comme un « réactionnaire enraciné » ou un « identitaire assumé » (je me perds parfois dans les formules). Quelle solution face à cette annonce de purge staliennienne avance la Réacosphère ? Grande question.

Certains s'en réjouissent comme de bons élèves tout fiers de leur premier bonnet d'âne, espérant sans doute que celui-ci les mette sous la protection du gang des cancres de la cour de récré (« hey regardez les mecs, j'suis un paria, c'est über-kül »). D'autres continuent à se branler sur des photos d'écolières nippones ou mannequins anorexiques justifiant leur nullité par le retournement perpétuel de leurs positions (« le Beau c'est mainstream », « la culture dominante est laide », « nous sommes l'élitent », « c'est la gauche, le sérieux, nous sommes fiers d'être inutiles »), d'autres, parachutés dans un bureau grâce à l'émission en masse de faux-diplômes rigolent la clope au bec : si la dictature de Gattaca se met progressivement en place, ils seront les premiers à pouvoir baiser Uma Thurman.

Leur incapacité à se concentrer plus de trente secondes, à émettre des avis construits autrement que sur des slogans et leur propension à se contenter de la moindre brève de l'AFP les placent, bien entendu, dans la liste des « wanted » en cas d'instauration d'une élite génétiquement supérieure. Inconscients de leur nullité, et que leur rêve se résume à une perpétuité dans un bunker, leur nihilisme de salon est la preuve ultime que leur amour du terroir est aussi crédible que l'amour de la liberté des jeunesses communistes.


Pose. Pose. Pose. Un ramassis de névrotiques et d'impuissants qui attendent avec hâte la guerre civile dans laquelle ils seraient tués au bout de cinq minutes, une capsule de P'tit Louis tombant d'un balcon sur leur crâne suffisant à leur faire faire une hémorragie cérébrale dans la seconde.

Je fais également l'impasse sur les blogs réacs qui aiment Jeanne d'Arc warholisée, les Beatles, les taille-crayons en forme de pomme, les dérouleurs de pécul Bob l'éponge et les lampes de chevet Bécassine, amoureux du vintage et de la mode comme les assemblées que l'on peut trouver dans les bars du troisième arrondissement un vendredi soir.

Idem pour les cathos obsédés de l'avortement qui attendent sagement l'autorisation de défiler une fois par an contre ce qu'ils considèrent être un « meurtre », cautionné alors passivement les 364 autres jours de l'année. 
« Si l'on pense réellement que l'avortement est un meurtre, et qu'il y a vraiment une usine à meurtres au coin de la rue, il n'y a qu'une manière d'agir pour un honnête homme », et je ne pense pas qu'il s'agisse de se mobiliser pour exiger le droit à un député de dire que «250 000 interruptions volontaires de grossesse c'est peut-être beaucoup ».

Idem bis pour les cathos « tradis » qui définissent qui ils doivent fréquenter ou fuir en fonction des critères émis par la gauche, ayant moi-même dernièrement reçu un mail d'une maman-tout-ce-qui-se-fait-de-mieux-en-matière-de-mère-au-foyer-inquiète-pour-l-avenir-de-ses-enfants qui me disait ne pas vouloir parler d'un site catho sur son blog parce que ce dernier émanait d'une organisation catholique ayant « mauvaise presse ».

On va faire la Révolution avec ce matos humain. Oui, les mecs. Autant dire que jouer du Mendelssohn avec un triangle aurait plus de chance d'aboutir à un truc qui a de la gueule.

Tous les amoureux du grand soir sont infoutus de commencer à se poser trente secondes pour avoir une vue d'ensemble sur des événements qui n'annoncent rien de bon : la traque de Sautarel et la mise au pilori de Vanneste en première position.

Toujours soucieux des étiquettes, le « réac » de base votera quand même Sarkozy en avril « parce qu'il est de droite » même s'il valide la thèse orwelienne qu'un gusse puisse être détruit du jour au lendemain sans présomption d’innocence pour avoir tout simplement énoncé une vérité historique. Le blogueur étant un post-moderne comme un autre, il aura oublié ce fait divers dans deux semaines, pendant que la purge politique fera son œuvre.

Des Fabrice Robert par dizaines seront menacés financièrement (pressions sur les employeurs ou sur les clients dans le cas d'entrepreneurs), leurs comptes surveillés (votre banquier a l'obligation de vous demander d'où proviennent vos fonds en cas de gros mouvements sur votre compte, nul doute que Xavier Dugenou à la BNP de la Courneuve y consacre ses journées), les proches mis en garde à vue, pendant que des gens qui se complaisent dans cette situation boieront une manzana sur fond de jazz éthéré en disant

« vivement le grand soir, j'attends un signe » 

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